Les Tellines, de Philippe Chignier. Spectacle archivé

Une pièce grinçante de  Philippe Chignier. Sélection du Festival national de Châtillon sur Chalaronne.

LES TELLINESPièce sélectionnée aux Festivals
-  Châtillon sur Chalaronne (Ain) 21 mai 2009
-  Terre de Scènes. A Villefranche sur Saône (Rhône). 2008.
-  Festival L’Air de rien (Envies de scènes). Dôme Théâtre. A Albertville (Savoie). 2008.
-  Les Tréteaux de Voiron (Isère). 2008.
-  La Faïencerie. La Tronche (Isère). 2008.
Présentée à Avrieux (Savoie) en 2008.

Le  synopsis

Un couple retrouve la plage de ses premières amours.
Il s’installe au restaurant du bord de la Méditerranée.
Mais sur l’eau, en face, le spectacle de la guerre devrait bientôt commencer.
Il y a quelque chose de troublant à voir ce couple se préparer à assister à la guerre comme on vient au spectacle, et finalement s’intéresser d’avantage au contenu de son assiette qu’à ces pauvres malheureux qui vont se faire massacrer.
Il n’y a qu’un pas à franchir pour nous imaginer en train de regarder les malheurs du Darfour
à la télévision, tout un croquant un morceau de pizza….

Thèmes abordés

Incommunicabilité dans le couple. Violence des informations relayées par les medias.
Intolérance. Guerre économique. Guerre en Méditerrranée. Arrivée de boat people. Recherche de la paix, de la poésie. Quête d’amour.

Paroles de spectateurs

Peut-on faire quelque chose contre la violence, relayée par les medias.
Contre la guerre. Alors que nous sommes déjà en guerre avec nous-mêmes ?
Parole d’une spectatrice à la sortie du festival L’Air de rien, d’Albertville.

L’intérêt d’un tel spectacle.
En plus des salles de spectacles, cette pièce de théâtre est adaptée aux colloques ou réunions dont le but est de sensibiliser le public à la violence. Violence personnelle, intériorisée. Malaise et souffrance du couple.Violence d’une société.
Sur la place des media dans le relai de ce phénomène. Sur l’absence, la solitude ou la quête d’amour. Sur l’intolérance. Sur l’autre. Le différent.

Mise en scène et création lumières

Hubert Barbier

Les_Tellines_Villefranche_Dominique_72La distribution, la technique…

Florence Célérier, , Liliane Merle, Corinne Porkolab,  Mireille Roux-Faure, Bernard Lagarrigue, Dominique Maurice, Eric Quesnot et Guy Dieppedalle.

°  Mise en scène  et création lumières       Hubert Barbier.
°  Création décors et régie lumières           Bernard Faure.
°  Création sonore                                       Yanick Berguin.
°   Photos   / Vidéo                                      Marc-André Faure
°   Galerie photos sur Mascarille.                Photos Emile Zeizig.
°   Durée                                                      1 h 10.
°  Public                                                       A partir de 12 ans.

°  Cette pièce a été créée par Rouge banane, le 10 avril 2008, à Poisat (Isère)
°  Soutien  technique   Merci à la Commune de Poisat  (Isère) pour son soutien technique (Salles de répétitions).

Les Tellines_2008_couple_mainsLes représentations

Les Tellines ont été présentées à
Poisat, Voiron, La Tronche, Avrieux, Villefranche sur Saône, Albertville, Châtillon sur Chalaronne.

 Les réactions. La critique théâtrale

Les Tellines_2008-7813_Liliane_EricLe point de vue de Bertrand Petit  (1)
LES TELLINES   par la compagnie  Rouge Banane

Il y a ceux qui savent ce que c’est, « les Tellines »,  et ceux qui ne savent pas :
le prologue improvisé en est d’autant plus cocasse, mais de quoi s’agit-il au juste ?

De réel ou d’imaginaire, de l’entrée, au dessert en passant par le plat de résistance en temps réel, ou d’un temps passé, présent, avenir d’une histoire de couple qui se glisse sur une grande table qui n’en finit pas, d’un bout à l’autre, et c’est la bonne idée, toute une vie à deux et avec combien d’autres.
C’est le mérite de cette interprétation de la pièce de Philippe Chignier, mise en jeu par Hubert Barbier, de nous suggérer plusieurs pistes, dans une station balnéaire,peuplée de personnages baroques, obsessionnels chacun dans leur histoire.

Oui, ce sont bien des mollusques, personnages pittoresques, coquillages que l’on trouve
dans le midi, à ne jamais s’en rassasier, comme de la vie que l’on ressasse :
de petites histoires où tout, et rien n’a d’importance, un peu comme dans les vacances de Mr Hulot… où il se passe tout de même de drôles de choses.
Des menaces, des uniformes, des coups de fusil… ça se détraque, mais la vie continue, enfin le dîner.
C’est drôle, c’est burlesque, on pourrait penser parfois à Ionesco, c’est absurde
et chacun y tient sa place dans l’équilibre d’une bonne proposition.

Bertrand  Petit.
(1) Comédien. Ecrivain. Président de Théâtre Ensemble Grenoble. Membre FNCTA Isère. 24 juin 2008.

Presse

Les Tellines - PresseArticle du Dauphiné libéré. Patricia Yvars. 10 avril 08.

L’histoire d’un couple qui mange des coquillages dans un restaurant au bord de mer et qui finira
par s’intéresser plus à ce qui se passe dans son assiette qu’aux horreurs de ce monde.
Le tout joué sur un ton badin et caustique.

La réaction de spectateurs

Les_Tellines_Villefranche_Choregraphie_81C’est beau. C’est un beau spectacle.
Spectatrice à la sortie du festival de Villefranche sur Saône. 30 octobre 08.

Bravo pour la mise en scène et pour le résultat, preuve de votre complicité et du sérieux de votre travail.
Le propos, parfois difficile à interpréter, est bien à l’image de notre époque frivole et tourmentée.
Je vous souhaite des indigestions de tellines et de concombres maritimes, pour les soirs qui viennent et les futures représentations. A table !
Y.   Courrier électronique du 11 avril 08.

J’ai essayé de comprendre l’histoire dès le début.  Difficile.
Puis je me suis laissée porter par ce spectacle qui mêle imaginaire et réalité actuelle.
Et qui ne laisse pas indifférent.
Ch.  Sortie du spectacle. 11 avril 08.

Ce qui m’a plu, entre autres, c’est la scène de l’homme seul qui tente de faire barrage aux militaires.
Et puis cette relation violente dans le couple qui renvoie à certaines de nos attitudes.
Un pièce de théâtre originale et bien rythmée. Vous avez la pêche. Une bonne équipe. Bravo.
R.L.   Sortie de spectacle. Festival de Voiron Juin 08.

Dur. Dur. Très dur. Mais un beau spectacle. Tout de suite comme ça je peux pas analyser.
Mais il y a des images qui m’ont marquée et vont me faire réfléchir.
Il y a une chose peut-être qui me vient tout de suite. C’est que, la guerre, elle est aussi dans le couple.
G.V.   Sortie spectacle La Tronche.

Un texte « spécial », une façon originale de décrire nos petites vies, nos petits univers personnels face au tumulte du monde. J’ai particulièrement aimé le jeu de l’épouse, tout en mimiques et en intonations.
M.M.  Message suite au spectacle de La Tronche.

J’ai aimé cette opposition entre l’homme et la femme. Bien rendu.
M.P.  Suite de la première.

Le point de vue du metteur en scène.   Hubert Barbier.

LES_TELLINES_Florence_DominiqueLa structure dramaturgique de la pièce ouvre de nombreuses perspectives pour la mise en scène.
La superposition de la réalité du couple, banale, conventionnelle, ennuyeuse et de la réalité
du monde extérieur, emplie de la sombre menace d’une guerre, permet de développer
un univers théâtral qui s’organise selon deux plans.

Le sentiment d’absurdité dû à la réalité d’une guerre.

Le premier plan, qui donne à voir ce couple installé à la table d’un restaurant, n’est finalement pas celui qui est appelé à intéresser en priorité le spectateur.
L’arrière-plan, par contre, éveille la curiosité, soit de par la dimension burlesque des situations ou des personnages, soit par la manifestation plus ou moins explicite de la guerre contre les migrants .

La mise en scène joue sur des effets de miroir et des effets d’écho entre ces deux plans de réalité et même le troisième plan qu’est le public.
Le spectateur, qui est du côté où les évènements dramatiques se déroulent (la mer) est sans cesse renvoyé à lui-même, que ce soit dans l‘image de ce couple enlisé dans sa propre torpeur, ou dans les évènements dont il est, par moments, acteur (scruté par des spectateurs qui lui font face), ou spectateur lorsqu’il voit des militaires en action.
Ce jeu permanent de va et vient renforce le sentiment d’absurdité dû à la réalité d’une guerre
qui oscille du palpable au virtuel, et à l’aveuglement total du couple qui est pourtant en première ligne.

Le vide de la relation de couple.
Là-dessus s’ajoute le vide vertigineux de la relation du mari et de l’épouse.
Le simulacre de bonheur qu’ils s’évertuent (notamment la femme) à maintenir semble indestructible, malgré les nombreuses menaces qui l’entourent.

Il se joue également, de manière souterraine, une sorte d’effet de vase communicant entre le couple et le monde extérieur. Peu à peu, la tension entre le mari et l’épouse se transfère subrepticement vers le monde extérieur lorsque les opérations militaires se mettent en place.
Au final le transfert a été total, et d’une certaine manière la catharsis s’est opérée.

Un « Téléspectacle »

Le spectacle renvoie, par sa structure et son propos, à notre propre position de (télé)spectateurs, lorsque nous assistons impuissants ( ?) aux méfaits de ce monde via les media.
D’une certaine manière, il s’agit d’un « téléspectacle », au sens où la position du spectateur
face à ce spectacle est du même ordre que celle que nous avons lorsque nous sommes devant
nos postes de télévision. Il y  quelque chose de troublant à voir ce couple assister à la guerre comme on vient au spectacle, et finalement s’intéresser d’avantage au contenu de son assiette qu’à ces pauvres malheureux qui sont en train de se faire massacrer. Il n’y a qu’un pas à franchir pour nous imaginer en train de regarder les malheurs du Darfour à la télévision, tout un croquant un morceau de pizza….

Hubert Barbier   Metteur en scène

Le point de vue de l’auteur  (Par lui-même)

LES_TELLINES_Ph_Chignier_3Né au 20ème siècle, Philippe Chignier sait désormais qu’il mourra au 21ème.
Entre deux dates, il aura connu des familles, des amis, séjourné ici ou là, voyagé un peu.
Il aura écrit quelques textes, déchets flottant sur les eaux profondes des océans.Bien qu’il ne soit pas masochiste, son métier aura consisté à initier de jeunes esprits aux littératures de langue française. Comme si cela ne suffisait pas, il lui arrive de monter sur une scène de théâtre, ou de diriger des
comédiens…à ce qu’il croit.

Bibliographie de Philippe Chignier

- Dialogues de bois.  2002.
- Ring.  2005. Lecture publique en mai 2006 Festival de Châtillon sur Chalaronne.
- Jacques et son maître.
Adaptation scénique, pour 2 comédiens, du roman de Diderot.
- Les Tellines. 2006. Festival national de Châtillon sur Chalaronne
- Down Town. 2010. La Mouette théâtre.

Entretien avec l’auteur Philippe Chignier

- Pourquoi  « Les Tellines » ?

Comme pour d’autres textes, ce qui m’intéresse, c’est le rapport que nous établissons
– ou non –  entre notre quotidien et l’apparente connaissance que nous avons du monde extérieur par le biais de l’information. Confronter les discours officiels multiples à nos paroles du dedans, et éventuellement à nos actes.
Une question, entre autres, aujourd’hui me préoccupe, moi petit-fils d’immigré,
c’est le mépris affiché pour les ressortissants de pays que nous avons jadis colonisés.
Et ce mépris, qui ne s’est guère démenti durant le 20ème siècle, n’avait pas encore pris,
en 2005, quand j’ai écrit la pièce, la tournure dramatique que nous lui connaissons depuis.

- Pourquoi avoir choisi une comédie ?

Peu à peu s’est imposée la forme d’une « farce monstrueuse ». Le terme pouvant aussi bien s’appliquer à la pièce qu’à la chose évoquée.
J’ai situé la scène au bord de la Méditerranée, qui marque la coupure entre l’Europe et l’Afrique mais constitue pourtant le creuset, le trait d’union entre les civilisations dont nous avons hérité.
Enfin, l’image d’un coquillage, du mollusque inerte ou de la coquille vide est suggestive.
Je connaissais la consommation locale qui se fait près du delta du Rhône de ce très modeste animal. Il restait à mélanger tout ça en évitant la pesanteur… Est-ce réussi ?
La seule façon de le savoir est de déguster la recette à la mode Rouge Banane.

°°° Propose recueillis par Guy Dieppedalle

Un grand merci à la Municipalité de Poisat (Isère) pour son soutien logistique.
Photos  Marc-André Faure et Bernard Faure : Personnages.
Techniciens, comédiennes et comédiens dans la pièce.
Photos Dieppedalle . Portrait de Philippe Chignier.

Diaporama sur mascarille.com

LOGO ROUGE BANANE.mai2013.A.x150.Production Rouge banane théâtre

Spectacle archivé

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