Huit femmes. Une comédie policière d’après Robert Thomas. Présentation de la pièce

huit-femmes-affiche-15-09-16Comédie policière en 3 actes, d’après Robert Thomas
Mise en scène Hubert Barbier

Sélection 2017 des festivals de Rumilly et de Tullins

Technique et décors Bernard Faure
Durée 1h20

Distribution

Mireille Roux-Faure,
Marie Chapuis,
Florence Célérier,
Fanette Lagarrigue,
Marie-Geneviève Noguer,
Chantal Debelle,
Anna Sennac,
Lucie Mattéi

Voir l’extrait (Teaser)huit-femmes-st-egreve-04-11-16-449-bis http://www.youtube.com/watch?v=lU0JZp4YOcA

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Synopsis

En 1950, dans une maison, huit femmes se préparent à fêter Noël. Mais le maître de maison est retrouvé mort assassiné, un couteau dans le dos. Tout le monde est soupçonné. Au fur et à mesure de la progression de la pièce, on découvre que chacune de ces femmes aurait eu une raison de le tuer, mais laquelle l’a vraiment fait ? Et pourquoi ?

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Note du metteur en scène

Huit femmes est un huis clos qui rassemble les membres d’une famille et les domestiques sous le toit d’une même maison. Le maître de maison a été assassiné et il va s’avérer que l’auteur du crime est l’une des huit femmes. L’enquête menée pour dévoiler l’assassin va être jalonnée de découvertes plus surprenantes les unes que les autres… Cette pièce est d’une grande richesse dramaturgique. Elle est en effet constituée de la superposition de deux trames dramatiques. D’une part une intrigue policière où il s’agit de démasquer l’assassin. D’autre part la révélation, au fil de l’enquête, de tous les petits secrets cachés de chaque personnage et le dévoilement de tous les mensonges et les rancoeurs qui animent les relations entre les unes et les autres. On assiste à une sorte de ballet de faux semblants où les protagonistes essaient de tirer leur épingle du jeu du mieux qu’elles peuvent. Chacune à tour de rôle, fait figure d’accusée ou d’accusateur, dans ce petit jeu pervers où la meilleure défense est encore l’attaque. Nous assistons à une partie d’échec, dont l’acteur principal est une main invisible qui semble déplacer les pièces selon son bon vouloir. Dans cette partie de dupes, c’est le règne du non-dit, de la manipulation et du mensonge.

La mise en scène s’est construite en reproduisant dans l’espace cette partie d’échec dans laquelle sont engagés tous les personnages au gré de leurs positionnements successifs. Le rythme général est constitué par une alternance de moments cathartiques et d’accalmies, qui donnent au spectacle un saisissant effet de contraste. L’esthétique à dominante noir et blanc renforce cette atmosphère de clair-obscur qui baigne la pièce dans son ensemble. Le décor est constitué de trois espaces qui ont chacun leur fonction symbolique spécifique. La table ronde, centrale, est le lieu de rassemblement qui convie à un partage chaleureux et parfois intime, mais elle fait également office d’arène où les joutes verbales, toujours plus incisives, révèlent au fur et à mesure une partie de la vérité. La porte fenêtre est l’accès au dehors, à l’extérieur, où chacune projette ses rêves, ses fantasmes et ses frustrations liées entre autres à l’enfermement. L’escalier conduit à la chambre du crime. Il mène vers un espace inaccessible, lourd de secrets inavoués. La maison, dans son ensemble, nous renvoie à un espace psychique où cohabitent tous les désirs, blessures,  espoirs et rancoeurs des personnages. En cela, par effet miroir chez le spectateur, elle représente, pour chacun d’entre nous, notre propre maison intérieure.

Hubert Barbier, metteur en scène

Création de la pièce

Huit femmes est une pièce de théâtre policière de Robert Thomas créée en 1958.
Cette pièce fait partie, avec Madame Trait d’union, des deux premières œuvres de Robert Thomas, créées à Nice en 1958-1959 dans une relative indifférence. La première représentation parisienne a lieu le au théâtre Édouard VII. Elle connaît alors un véritable succès et reçoit le prix du Quai des Orfèvres 1961.
Elle a été portée deux fois à l’écran : en 1960 sous le titre La Nuit des suspectes par Víctor Merenda (adaptation de Frédéric Dard et Robert Thomas) et en 2002 sous son titre original par François Ozon.

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Robert Thomas est un auteur dramatique, comédien, metteur en scène et réalisateur français, né le 28 septembre 1927 à Gap et mort le 3 janvier 1989 à Paris.
À quatorze ans, Robert Thomas se découvre une passion pour le théâtre contemporain et moderne mais également la philosophie des Lumières. En trois ans, il lira toutes les pièces de théâtre publiées depuis 1900. En 1947, juste avant de passer son bac, il quitte sa famille avec une idée bien arrêtée : écrire et jouer la comédie à Paris. Il paye ses cours de comédie avec son salaire de télégraphiste et joue comme figurant dans plus de cinquante films. Il écrit la nuit sept pièces d’affilée qui seront toutes refusées. En 1950, il fait son service militaire, puis court le « cacheton » sur Paris. Toutefois, il vient régulièrement à Rouen dans les années 1952 à 1955 assurer des revues au Nouveau-Théâtre (le Théâtre-Français a été complètement détruit par les bombes le 19 avril 1944) pendant plusieurs saisons sous la direction de Louis Stréliski et Lestély, joue quelques pièces avec Vudal G., directeur de troupe, dont Il faut marier maman, Le Train pour Venise… Il proposera ses pièces à Vudal G.. Robert Thomas aura alors côtoyé Noëlle Adam, Ginette Garcin, Mona Monick. Il ne quittera pas vraiment Paris. Il se présente à Pierre Dux qui l’engage dans Il faut marier maman avec Denise Grey. Il débute ainsi une carrière dans le théâtre, jouant notamment dans La Main de César et Les Belles Bacchantes. Ses deux premières pièces Huit Femmes et Madame Trait d’Union sont tout de même créées à Nice, en 1958 et 1959, mais sans véritable succès.

Intrigue policière et théâtre de boulevard

La ténacité de Robert Thomas sera récompensée avec sa huitième pièce. Retenue par un théâtre parisien, les Bouffes-Parisiens, Piège pour un homme seul, fait un triomphe le 28 janvier 1960, soir de la générale, et son auteur devient célèbre du jour au lendemain. L’histoire est celle d’un jeune homme en voyage de noces qui attend le retour de son épouse disparue depuis dix jours, à la suite d’une dispute. L’enquête de police piétine jusqu’à ce qu’une femme, qui se dit l’épouse recherchée, réintègre le domicile conjugal. Le mari a beau crier à l’imposture, les événements et plusieurs témoins confirment que la jeune femme est bien son épouse. Est-il fou ou une bande de malfaiteurs s’acharnent-ils sur lui ?

Alfred Hitchcock, souhaitant acheter les droits d’adaptation de la pièce au cinéma, rencontre même son auteur. Ce succès théâtral conforte Robert Thomas dans sa voie d’auteur dramatique. Dès lors, il se trouvera une spécialité en mariant l’intrigue policière au théâtre de boulevard.

Prix du Quai des Orfèvres

L’année suivante, il reprend en la réécrivant sa première pièce, Huit Femmes qui sera récompensée en 1961 par le prix du Quai des Orfèvres . Dans une maison isolée par la neige, les membres féminins d’une famille mènent leur propre enquête pour découvrir l’assassin du maître de maison, vraisemblablement l’une d’elles. Malgré les convenances et les courtoisies apparentes, elles se livrent, en huis clos, à un jeu de la vérité aussi implacable que pitoyable, révélant les faiblesses, les mensonges, les rancœurs cachées, n’épargnant aucune d’elles. La pièce sera adaptée au cinéma par François Ozon en 2002.

Billet d’humeur sur Huit femmes + d’infos

Huit femmes. Photo G. Dieppedalle

Huit femmes. Photo G. Dieppedalle

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